Leur bonheur est il compatible au notre ?

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Il est un fait actuellement de constater que le bien-être du cheval est une question mise en lumière dans notre société. C'est une question philosophique et éthique, économique, scientifique mais tout d'abord personnelle. Est ce que je rends mon cheval heureux ? Y-a t-il une meilleure façon de lui rendre ce qu'il me donne ? Accoudée à l'abris de mes chevaux je les observe, je réfléchis aux dix années qui viennent de s'écouler quant à la question du bien être équin en France. En quelques années, des courants de pensées ont émergé et  ont donné la possibilité aux propriétaires et cavaliers de réfléchir à la responsabilité de détenir, entretenir et aimer leurs chevaux. Et quelle responsabilité…! Toutes les informations qui fusent aux travers des réseaux sociaux, des magazines, des stages, des formations, des conférences donnent un panel de possibilités, de choix, de réflexions. Forger et construire ses idées parmi des débats acharnés n'est pas toujours chose facile… Lorsque j'échange avec des cavaliers désireux du bonheur de leurs chevaux, un mot revient régulièrement dans notre discussion : la culpabilité. Nos plaisirs à leurs côtés, nos souhaits et objectifs peuvent ils être alignés avec leur bien-être ? Puis-je enlever les fers de mon cheval ? Tout en continuant sa carrière sportive ou nos randonnées montagneuses ? Ou puis-je remettre des fers parce que mon cheval semble plus à l'aise pour sauter avec ? Puis-je mettre un mors pour affiner une technique montée ? Est ce que je peux tondre mon cheval ou bien je ne le monte pas cet hiver car il transpire vraiment beaucoup ? La longe n'est-elle pas ennuyante ? Est ce que je dois mettre mon cheval à la retraite ? Est ce que je castre mon étalon pour qu'ils puissent vivre avec d'autres mais en le privant de sa fonction reproductrice ? Est ce que je dois laisser mon cheval au pré et ne plus jamais le mettre au boxe ? Je crois que la responsabilité d'un propriétaire est de considérer dans l'ensemble les solutions qu'il a face à lui pour donner à son cheval la meilleure vie possible et répondre à la fois à ce qu'il souhaite lui même. Le questionnement devrait être obligatoire, il est nécessaire pour le cheval ! Mais l'action est elle aussi inévitable. Si je passe mon temps à me questionner, à me demander si ce que je fais est ce qu'il faut ou non, je ne fais rien et mon cheval non plus. Et une célèbre phrase dit que " On ne peut pas savoir tant que l'on a pas essayé ". Peut-être que je ferai des erreurs, peut être qu'il y avait meilleure solution mais dans tous les cas : j'apprendrais. Il n'y a pas de réponses immédiates, et les chevaux sont tous des individus tellement différents, cependant observer, contempler le sien semble être une solution, car souvent ce sont bien eux qui ont la réponse, il faut juste être prêt à écouter leur silence… 

Carole.G pour Selle & Ciel - Photo : Eloïse Durand